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Notices de la Lorraine 

Dom Auguste Calmet

Abbé de Senones

1756

Colonnes 231 à 233 du Tome I :

CLAIRLIEU :

Abbaye deCiteaux.

 

Clair-Lieu, Abbaye de Citeaux située à une lieuë de nancy au Midy, dans un Vallon fort solitaire, qu’on appeloit auparavant en langage du Pays Amé-leu ou Amer-lieu , à qui on donna la nom de Clair-lieu depuis l’établissement de pères de Citeaux en cet endroit. Ces Religieux avoient appellés en Lorraine, vers l’an 1150, par Gérard II, du nom, Comte de Vaudémont, Frère d’Eudes de Vaudémont, Evêque de Toul.

Ce Prince fit venir de l’Abbaye de Bithaine, au comté de Bourgogne, un Personnage nommé Vidric, avec quelques Religieux qui s’établirent d’abord à Ferrieres(1), pas loin de Rozières aux-Salines, d’où ils furent chassez par la malice de Habitans, & se retirèrent au lieu où est aujourd’hui située l4Abbaye de Clair-lieu.

Mathieu I. Duc de Lorraine les y fonda & leur donna un terrain considérable aux environs, & des paturages pour leurs Troupeaux. Ils étoient douze Religieux & autant de Frères Convers. Le Monastère fut dédié à la Sainte Vierge, par la libéralité du Duc Mathieu, de la Duchesse Berthe son épouse, de ses Fils Frideric & Mathieu, & de son Frère Robert. Le titre de la Fondation est de l’an 1159. Vidric gouverna l’Abbaye jusq’ue vers l’an 1165.

Les grands Moulins de Nancy, furent donnés à Clairlieu dès le temps de la fondation ; mais cette Abbaye ne jouit pas long-tems paisiblement de ces Moulins ; car Jacques de Lorraine, Evêque de Metz, & Renaut son Frère Comte de Castres, tous deux frères du Duc Mathieu II. & oncles du Duc Ferry III. Ayant pris ces Moulins, rendirent pour cela, quelques dédommagements à ladite Abbaye. Et en 1257, le Duc Ferry III, Fils du duc Mathieu, & neveu des deux Princes devant nommés, rendit à l’Abbaye de Clailieu, le Moulin qui étoit dans la Ville de Nancy, & celui qui étoit en dehors, & le Moulin de la Neuve Ville, & le siège du moulin qui en est Barambreux ; à condition que ladite Abbaye rendroit au Duc Ferry, & à ses Hoirs, chacun an six vingt reseaux de Blé, tel qu’il proviendroit dudit Moulin. Il ajoute que ceux de Nancy, de Rémecourt, Vendeuvres, Pixérécourt, de Mâchéville, d’Essey, Mont-Martemont, de Saussures, de tomblaines ; de Bosserville, de la Neuve-ville, de Fléville, de Géraucourt, de Loncourt & de Manoncourt, seront banaux ausdits Moulins ; ce qui fait voir combien les moulins étoient encore rares dans le Pays.

Le Prince Charles de Lorraine, Cardinal, Evêque de Metz & de Strasbourg, ayant possédé l’Abbaye de Clairlieu, environ huit ans en commande, l’abbandonna, et on en fin (fit) un grand démembrement au profit de la Primatiale de Nancy, à laquelle on donna la Cour de Neully, les grands Moulins de Nancy, Boudonville & Amance, les Dîmes de Delmont & Cleveci, les Métairies d’Agincourt, d’Einville, d’Azilot & de Varangéville, des Prez que l’Abbé possédoit à Nancy, & dix Arpens de Bois que l’Abbaye avoit aux Bois de Hayes & à Chaligny ; les Religieux de Clairlieu consentirent à ce démembrement, & l’Abbaye n’a pas laissé de conserver son titre Abbatial, qui est aujourd’hui entre les mains d’un Religieux nommé par le Roi.

Cette Abbaye joüit de quelques droits honorifiques au Choeur de la Primatiale de Nancy, en considération des biens qu’elle a cédé à cette Eglise ; l’Abbé y occupe dans certains jours solennels quand il s’y trouve, la première place après le Doyen, de plus il a droit de nommer un Chanoine dans le mois d’Avril, lorsqu’il y vaque une place per orbitum dans ce mois.

On voit dans l’Eglise de Clairlieu, le Tombeau du Duc Matthieu, qui en fut le fondateur ; la Duchesse Berthe, son Epouse, y fut transférée après sa mort. On y remarque aussi plusieurs monuments des plus illustres Maisons de Lorraine.

 

(1) confusion vraisemblable avec un lieu-dit Ferrières sur la commune de Chaligny. Voir ci-après.

 

 

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Colonnes 453 à 454 du Tome I :

FERRIERES:

(Ferrariae)

Village du Diocèse de Toul, à une lieuë de Rosières-aux-salines, répondant audit Rosières. (...) La Paroiss est composée de quatre Villages, savoir : Villé, Coiviller, Tonnois & Ferrières. Ce lieu tire son nom des mines de fer, Ferriariae fodinae. (...)

Les Pères de Cîteaux étant venus en Lorraine, vers l’an 1176, voulurent d’abord s’établir à Ferrières-sous-Chaligny dans un terrain stérile et pierreux ; mai y ayant commencé un petit Monastère, les habitans du lieu ne voulurent pas les y souffrir, & les contraignirent à chercher une solitude plus tranquille & plus éloignée du monde. Le Duc Matthieu I. Ayant sçu leur desseins, leur offrit un vallon fort sauvege, nommé alors Amé-leu, ou Amerlieu, & aujourd’hui Clair-lieu, dans les bois de Haye, où ils bâtirent le Monastère, qui subsiste encore à présent.

Nous ne connoissons aujourd’hui aucun lieu nommé ferrières-sous-Chaligny ; car Ferrières dont nous venons de parler, en est éloigné d’environ trois lieuës ; ce pourroit être Sexey-aux-forges, Village près de Chaligni, sur la moselle. Ses forges peuvent être désignées sous le nom de Ferrariae fodinae ou Ferrariae simplement. En 1176. Rosières n’étoit ni si grand, ni si renommé qu’il l’est aujourd’hui. Chaligny l’étoit davantage. On a donc pu dire alors que Ferrières près de Rosières étoit sous Chaligni. (...)

 

(2) Voir Histoire de Lorraine , t. 2, p CCCLXXI. Preuves & dans l’Histoire p II.